Un peu d’histoire

La plaine actuellement occupée par la ZIT est une zone marécageuse traversée par le Hain anciennement appelée « Marienrieu » ou « Brania ».

Ce lieu était déjà occupé à l’époque paléolithique (40 000 ans avant JC). On y a retrouvé des silex mais aussi des tessons de céramique sigillée et des deniers de l’époque romaine ainsi que des céramiques du 12ème siècle.

De nombreux ossements d’herbivores et de canidés attestent que ce lieu a servi , à une époque, de cimetière pour chevaux et animaux domestiques d’où son toponyme de « Paradis ».

Plusieurs fosses ont été creusées dans cette réserve argileuse exploitée du 12ème au 18 ème siècle, et ont ensuite été remblayées et nivelées. Cet argile servait, entre autres, à la réalisation de poteries et d’ustensiles de cuisine.

Les parties moins humides servaient de pâture et de terres de culture. Le champ du Pospol (qui signifie marais) est déjà cité dans les textes officiels en 1397.

L’étang Del Colette (coulette, goulotte) situé dans le champ Del Colette sera remblayé en 1503 afin d’augmenter la surface de terres arables.

En 1597, ces 2 champs sont rattachés à ceux voisins del Rouge Meez (maison de Roger) et des Petites Brunes pour constituer une seule entité, propriété de l’Abbaye de Nizelles. Toutefois, chaque champ est cultivé par un fermier différent.

Le dernier fermier à avoir exploité ces terres était Monsieur Wambeeck.

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En plus du Hain, 3 ruisseaux traversent la plaine : le Colbie qui alimentait les douves du château, le ruisseau des Talus et le ruisseau des Petites Brunes qui prend sa source aux Hayettes.

La pêche y était fréquente : écrevisses, épinoches, chabots… jusqu’il y a une soixantaine d’années.

En outre, on y relève plusieurs sources et fontaines fréquentées par la population comme l’attestent le Fonds St Georges (fontaine St Georges) et les Petites Brunes (Putte Bron = trou de la source).

Le sol argileux favorise le jaillissement des sources qui seront à l’origine de la création de multiples zones de captage exploitées dès 1854 par la Compagnie des Eaux pour alimenter la ville de Bruxelles.

Les saules, bouleaux et noisetiers y poussent spontanément mais y ont également été plantés volontairement et exploités pour la fabrication de sabots, de manches d’outils , de piquets, de paniers et de pipeaux.

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Les chemins qui serpentent et traversent cette plaine sont nombreux et à vocation utilitaire :

  • le Chemin des Prés d’Ophain qui part du Moulin Bayard dont la roue à aubes était actionnée par le Hain,
  • le sentier du Paradis qui relie le centre du Bourg au Hameau du Sadin, promontoire sur lequel des vestiges des 3 époques (paléolithique, romaine, médiévale) ont été retrouvés, attestant de sa longue occupation,
  • le Sentier du Paradis (déjà cité en 1418) prolongé par le Chemin des Petites Brunes (1597) qui permet la liaison vers le Hameau des Saussois mais aussi vers Lillois, la Cense de la Neuve Cour et Genappe via le sentier de Genappe ainsi que vers Ophain via le Sentier de Timpe et Tard.

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C’est également au-dessus de cette plaine que passait le Vicinal qui reliait la gare de Braine-l’Alleud à Ophain-Bois-Seigneur-Isaac. On peut encore apercevoir les restes du talus qui supportait les rails entre les deux enclos de la Compagnie des Eaux.

Les fonctions économiques et sociales de cette plaine se sont progressivement complétées d’une fonction environnementale grâce au maintien et au respect de la biodiversité qui s’est développée dans ce biotope spécifique comme l’attestent plusieurs recensements naturalistes.

La fonction récréative s’est peu à peu développée au cours du 19ème siècle, les habitants venant se balader dans ces lieux verdoyants et calmes aux portes de la cité, y cueillir l’une ou l’autre plante médicinale ou aromatique pour leur consommation personnelle et, plus tard, y promener leur chien, apprendre à y rouler à vélo…

De plus, la piscine communale en plein air se situait tout juste à côté, à la place de l’actuel étang de pêche et attirait bon nombre d’habitants lors des journées estivales. Des cabines de déshabillage y étaient adjointes ainsi qu’une buvette.

C’était aussi un lieu très prisé par les écoles et les Mouvements de Jeunesse.

Plusieurs circuits de balade à pied et en vélo empruntent ces sentiers.

Agnès Deconinck

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